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L'ÉCONOMIE DU VIÊT-NAM : UN PAS VERS LA MONDIALISATION

par Gaël Hervé

Professeur Armand Sebbag, Collège Bois-de-Boulogne (Hiver 2001)


Le Viêt-nam est définitivement entré dans la ronde de la mondialisation. Un pays de plus à adopter l'économie de marché socialiste : les principaux changements économiques entraînés par cette transition se situent d'abord au plan de l'investissement étranger.

Depuis les quinze dernières années, les investissements étrangers au Viêt-nam sont favorisés par de nombreuses ouvertures législatives, pourtant la pratique diffère de la théorie. Malgré tout, l'année 2000 semble avoir donné un nouveau souffle à l'encouragement de l'investissement étranger.

Le 29 décembre 1987, la loi sur les investissements directs étrangers est adoptée par l'Assemblée nationale vietnamienne. Cette loi est la base de l'ouverture amorcée par l'État en 1986, année au cours de laquelle la politique de rénovation Doi Moi est débutée. Cette loi sur les investissements directs étrangers établit des principes favorables aux investisseurs étrangers et implique une libéralisation croissante du cadre juridique. La révision de la constitution vietnamienne, en 1992, marque le second pas de la marche vers l'ouverture entamée par les autorités vietnamiennes. En 1996, un autre pas est franchi : la loi sur les investissements étrangers. Bien que cette nouvelle législation laisse un certain pouvoir de refus à l'État, elle implique une libéralisation sans commune mesure avec ce qui a lieu, en général, dans les autres pays du Sud-Est asiatique : tous les secteurs de l'économie nationale sont maintenant ouverts aux investisseurs étrangers, exception faite de ce qui pourrait porter atteinte à la sécurité nationale, à l'ordre et à la sécurité publique, à l'héritage historique et culturel, aux traditions et coutumes et à l'environnement. Par contre, les investissements sont spécialement encouragés dans certains domaines : la production visant l'exportation, l'agro-industrie, l'utilisation de technologies de pointe et la construction d'infrastructures; ainsi que dans certaines zones géographiques : régions montagneuses, reculées ou lointaines et zones aux conditions économiques difficiles.

La réalité est pourtant bien différente : les autorités sont encore très impliquées dans le processus d'agrément nécessaire à tout projet d'investissement étranger. En fait, le gouvernement exerce un contrôle sur la nature des projets approuvés. Parfois, quand un secteur est jugé suffisamment pénétré par les étrangers, ou quand les autorités jugent les entreprises vietnamiennes prioritaires, le secteur peut être fermé temporairement. Ce type de contrôle n'est pas fait ouvertement, mais il est fréquemment exercé. D'un autre côté, l'État favorise les entreprises locales en imposant aux industries étrangères des prix et un salaire minimum plus élevés. Ce qui ne facilite pas le recrutement des entreprises locales, mais leur permet d'être plus compétitives. La présence d'un système judiciaire inefficace au chapitre du règlement des litiges est un autre facteur qui freine les investisseurs étrangers. Toutes ces mesures discriminatoires favorisent les entreprises locales et laissent une impression de confusion et d'instabilité aux investisseurs étrangers.

L'année 2000, par contre, annonce des améliorations, principalement des amendements à la loi sur les investissements étrangers. Concrètement, les entreprises à capitaux étrangers pourront maintenant opérer des restructurations et changer de statut juridique. Par ailleurs, contrairement à ce qui avait cours avant l'application de ces amendements, les investisseurs étrangers peuvent acquérir auprès des banques commerciales toutes les devises nécessaires à leurs activités. Précédemment, seuls certains secteurs prioritaires pouvaient convertir la monnaie locale (le dông) en devises étrangères.

En dépit de la crise économique qui sévit dans plusieurs pays du Sud-Est asiatique, le Viêt-nam résiste bien aux pressions et réalise des améliorations notables dans plusieurs sphères de la société.
 

Pour en savoir plus: 


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