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Au-delà des combats de coqs par Marie-Josée Rondeau


LES PURA

Les temples à Bali se nomment pura et leur nombre dépasse largement celui des maisons. En effet, chaque famille possède son propre temple comme lieu de prière à la maison, et la communauté en possède également pour des occasions spéciales, ou lors des grandes fêtes religieuses. Plusieurs temples demeurent cachés et peu utilisés à cause de leur emplacement difficile d'accès, mais tous sont décorés lors de festivités. Les niveaux de décoration varient selon l'importance du temple. Chaque temple possède son anniversaire de fondation, qui fait parti intégrante du calendrier des festivals religieux de Bali.  Ces festivals peuvent durer plusieurs jours, voire même des semaines entières.

Il y a trois sortes de temple dans chaque village balinais, dont l'orientation dérive de deux grands pôles : l'orientation vers la montagne est plus significative que celle vers la mer. Les temples en plus haute altitude sont majoritairement des lieux d'origine balinaise, où seuls les fondateurs du village ont accès. Le deuxième type de pura se retrouve au cours des villages, où les esprits veillent sur le quotidien des gens. Les temples les plus près de la mer sont plutôt à caractère funèbre. Ils suivent donc une hiérarchie, certains étant réservés aux familles, aux villages, tandis que d'autres sont spécialement édifiés pour la royauté et l'État. Les temples sont depuis toujours un endroit de prières et un lieu d'attachement aux croyances profondes.


LES SAWAHS OU LES TERRES IRRIGUÉES

Les sawahs sont des terres irriguées, formées par les traces d'anciennes éruptions volcaniques et elles sont utilisées pour la culture du riz. Elles forment des plaques toutes superposées comme un escalier. Les canaux d'irrigation construits par le peuple sont respectés par tous, car l'eau utilisée pour les champs de riz est le don d'une rivière à proximité. Cette rivière reçoit donc des offrandes telles que des fruits, un poulet, un canard blanc et un cochon comme présents aux dieux de ce cours d'eau. Cette action prouve l'appréciation et la reconnaissance des Balinais. Un radeau de bambou, rempli de ces offrandes, est déposé sur la rivière sous les yeux des villageois. Ces cérémonies servent en quelque sorte de purification pour distancer les mauvais esprits qui pourraient y habiter. 

Les Balinais cultivent dans les hautes terres plutôt que dans les plaines, car ils croient que les esprits bénéfiques se trouvent en altitude et ne veulent pas s'en éloigner. C'est pour cette raison que la plupart des temples sont construits près des sawahs. Chaque cycle de l'agriculture est souligné par une cérémonie et une suite d'offrandes au moment des semences ou au cours de la récolte. La déesse du riz est nommée Dewi Sri. Il est important qu'elle ne soit pas séparée de Sadana, qui représente les autres produits de la terre, car tous deux se complètent pour permettre la récolte. La culture du riz dépend donc d'un monde spirituel et de l'importance qui lui est accordée dans la communauté.


LES COMBATS DE COQS

Les combats de coqs à Bali sont effectués dans l'arrière-cours d'un temple. Ce combat permet de compléter une occasion qui mérite d'être soulignée par le peuple, que ce soit un mariage ou une cérémonie funèbre. Cette lutte entre coqs, qui prend son origine du sacrifice, est l'offrande la plus complète pour éloigner les mauvais esprits et termine habituellement une cérémonie. Le sang qui en découle est digne de courage et va satisfaire les forces maléfiques. Les combats de coqs font partie de la vie balinaise. La plupart des hommes y ont participé comme propriétaire, parieur ou spectateur. Le nombre de combats varie selon l'ampleur de la célébration et peut atteindre la centaine pendant de grandes fêtes. 

Les duels ont lieux dans une arène. Les propriétaires choisissent leur adversaire selon les conseils du prêtre et du calendrier magique. Avant le combat, le propriétaire fixe une lame à deux tranchants à la patte droite de son animal. Cet objet provoque une mort rapide et certaine de l'adversaire. Parfois, le duel ne dure qu'une vingtaine de secondes. Le propriétaire dont le coq l'emporte peut apporter la dépouille comme trophée digne d'une certaine bravoure. Plus tard, elle sera entrecoupée et donnée comme nourriture à son coq, croyant qu'il possédera ainsi les qualités du perdant.


USABA OU LE FESTIVAL DES MOISSONS

Le festival Usaba est la célébration annuelle la plus importante et elle a lieu au moment des récoltes. Le jour précédent la cérémonie, pour préparer les dieux aux festivités du lendemain, les habitants offrent à la mer plusieurs offrandes. Ces offrandes représentent la reconnaissance des Balinais pour l'utilité de l'eau dans la culture de leurs champs. Le jour suivant, on débute le festival par un large festin dont l'ambiance est animée de musique et de danses. Les personnes présentes sont surtout des propriétaires de terres et leur famille. C'est aussi un moment où les familles se réunissent dans le temple soigneusement décoré de leur communauté. 

Les prêtres du temple, habillés de blanc, recevront les offrandes à la place des dieux et deviendront des intermédiaires entre le monde divin et le peuple. Ils feront jaillir ensuite sur les familles de l'eau bénite. Après cette cérémonie, tous retournent chez eux pour offrir d'autres offrandes comme des fruits et des fleurs à leurs terres agricoles pour l'appréciation des récoltes. Plus tard dans la nuit, les femmes vont former un demi-cercle et chanter pour invoquer les dieux. Une des femmes présente à la cérémonie sera à un moment de la cérémonie prise d'une forte excitation qui annoncera la venue de la déesse au sein du groupe. Le prêtre, assistant à la manifestation divine, recevra les indications de ces déesses pour savoir si les offrandes les ont satisfaites et si des changements devront être apportés l'année suivante.


LE BARONG

Les danses à Bali sont des rituels importants et reflètent les croyances profondes de ses habitants. Les représentations illustrent des histoires traditionnelles, des légendes, et possèdent un aspect inséparable de la religion. La danse la plus populaire est le barong, également appelée «danse du kriss». Une cérémonie fréquente qui demeure sans doute la plus significative de toutes. C'est un drame, où l'on retrouve toutes les préoccupations et la mentalité balinaise. Cette danse met l'accent sur la lutte entre le bien et le mal, deux forces en constante dispute pour déterminer le sort des hommes. 

Le barong est une créature fantastique qui ressemble à un croisement de lion et de dragon. Une créature représentant toutes les forces du bien, la bonté mais surtout la sécurité et le pouvoir de combattre le mal.  Le mal auquel il doit faire face est représenté par la veuve-sorcière Rangda, responsable de plusieurs désastres grâce à son pouvoir démoniaque. Deux groupes de danseurs représentent ces forces en opposition et un semblant de combat s'engage entre les deux clans. Soudainement la magie noire s'empare d'un groupe d'hommes du clan du barong et fait en sorte qu'ils retournent leur sabre kriss sur eux-mêmes. Mais avec l'énergie dégagée par le barong, les muscles des assaillants se durcissent et ils entrent en période de transe. Aussi longtemps que les candidats au suicide seront en transe, ils ne risquent pas de se blesser. La transe est donc la preuve pour les habitants de l'arrivée des dieux sur la terre. Ce duel entre Rangda et le barong est une légende toujours présente dans l'âme balinaise. 


LE THÉÂTRE D'OMBRES WAYANG KULIT

Il existe plusieurs formes de théâtre d'ombres à travers l'archipel indonésien. Celui de Java est sans doute le plus remarquable. Le théâtre d'ombres est un art visuel qui demande un talent exceptionnel pour la manipulation de marionnettes. Le nombre de personnages peut atteindre la centaine et demande une connaissance de la culture du monde indonésien. Les marionnettes plates, taillées dans de la peau de buffle, sont manipulées derrière un grand écran de toile blanche par un maître-animateur surnommé le «dalang». Un faisceau de lumière reflète sur la toile, et permet ainsi aux spectateurs d'apercevoir  les ombres qui s'y dessinent. La représentation à Java peut se prolonger toute la nuit et plonge le public à l'intérieur d'un monde imaginaire. 

Les histoires qui y sont racontées sont influencées par les croyances et les mythes. À Java, elles sont le plus souvent le reflet de la religion hindoue. On y vénère également les ancêtres, car on y décrit les récits de leurs exploits et une multitude d'épopées. Le théâtre d'ombres est une occasion pour démontrer l'attachement du peuple aux éléments spirituels. Tous les spectacles de wayang kulit sont accompagnés d'une musique issue de l'orchestre typique de l'archipel. Une musique saccadée par les coups de gong et par des silences prolongés convenant à chaque tableau de l'histoire. Le but de la musique est d'obtenir une certaine ambiance pour emporter le public dans un autre lieu. Le théâtre javanais illustre bien le monde traditionnel et le fond culturel des croyances qui habitent son peuple.


BIBLIOGRAPHIE


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