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RÉVOLUTION VERTE ET AGRICULTURE EN INDE

par Marie Luquette

Professeur Tom Malo, Collège André-Grasset (Automne 1999)
 
 

L'Inde est un pays dont l'économie repose en très grande partie sur l'industrie agroalimentaire.  Cette dernière a d'ailleurs subi d'importants changements depuis cinquante ans, mais on ne peut affirmer hors de tout doute que cette Révolution verte ait été bénéfique pour le pays.  En effet, si les avantages sont indiscutables au plan économique, les conséquences sur la population restent plutôt gênantes.  Mais commençons par voir en quoi consiste cette réforme agraire. 

À la fin des années quarante, le gouvernement indien a voulu modifier la structure des propriétés foncières et diffuser le progrès technologique dans le but d'accroître la production pour parer à l'augmentation de la population.  Dans cette optique, à partir de 1947, on a progressivement aboli les tenures intermédiaires et le système des zamindari, réglementé de façon beaucoup plus sévère les divers types de tenure et de location et fixé un plafond aux propriétés terriennes.  La location en particulier était très répandue, mais elle sous-entendait des redevances élevées et une sécurité très faible pour les tenanciers.  Plusieurs États prendront des dispositions législatives assurant une plus grande sécurité de tenure alors que les orientations générales de la réforme à ce niveau, communes à tous les États, sont détaillées dans les plans quinquennaux.  Par ces mesures, le gouvernement s'est retrouvé en possession de plusieurs hectares de terre - 6,4 millions, pour être plus précis - qu'il a redistribué directement aux petits paysans.  C'est cette répartition plus juste et équitable que l'on a appelé «remembrement rural».  On a également voulu donner une meilleure qualité de vie aux paysans, mais comme on n'avait pas les moyens d'instaurer un État Providence, on a plutôt encouragé le mouvement coopératif et les programmes de développement communautaire parrainés par les «panchayati raj».  En somme, on a voulu mettre le cultivateur en contact direct avec l'État et structurer le milieu rural. 

Le gouvernement indien a aussi pris des mesures pour moderniser les techniques utilisées en agriculture afin d'augmenter la productivité.  On a ainsi réalisé de grands progrès au niveau de l'irrigation des terres, de la conservation des sols, de la protection des plantes, de l'utilisation des engrais et de la qualité des semences.  En combinant ces facteurs à l'adoption de variétés à haut rendement, on obtient une véritable multiplication des récoltes: on dit en effet qu'on réussit aujourd'hui à mieux nourrir la population indienne qu'autrefois, alors que cette population a presque triplé depuis l'adoption de ces mesures. 

Mais aujourd'hui, où en est-on? Comment ont été appliquées les mesures adoptées il y a cinquante ans?  Mis à part l'abolition des zamindari, le succès n'a été que très limité.  En effet, on constate que les réformes ayant été concrètement réalisées par les castes dominantes, l'amélioration des techniques de production a profité presque exclusivement aux détenteurs de tenures supérieures, ce qui a amené un phénomène de koulakisation.  Avec la mécanisation de l'agriculture, le chômage a augmenté de façon substantielle alors que la dépendance face aux grandes puissances économiques s'est accrue.  À la fin des années 1970, 20% de la population rurale était toujours sans terre et on réalise que les investissements ont souvent été détournés pour améliorer certaines grandes propriétés déjà très rentables. 

Alors, que faire dans le futur?  D'une part, continuer dans l'esprit des réformes en modernisant sans cesse les techniques agricoles et d'autre part, veiller à ce que les véritables gagnants de cette Révolution verte soient les petits paysans.  L'Inde est un pays riche en ressources naturelles, depuis longtemps autosuffisant au niveau de l'agriculture, mais qui doit s'ouvrir encore davantage aux marchés extérieurs pour continuer d'assurer sa prospérité et d'améliorer la qualité de vie de tous ses habitants. 

Pour en savoir plus : 


cybrport@er.uqam.ca