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L'ENVIRONNEMENT EN CHINE: L'IMPORTANCE DE L'EAU

par Simon Forget

Professeur Gaétan Houle, Cégep de Sorel-Tracy (Automne 2000)




Actuellement, un vent de renouveau souffle sur la République populaire de Chine pour la propulser vers des sommets inégalés. Les Chinois, déterminés à se tailler une place au rang des superpuissances du globe, se sont engagés activement dans une industrialisation et une modernisation si fortes de leur économie qu'on pourrait croire qu'ils amenuisent les efforts consentis au maintien de la qualité de l'environnement. Certes, la pollution directe provoquée par une industrie et une urbanisation anarchiques, l'extraction de matières premières telles que les produits miniers et les combustibles fossiles, la menace des déchets nucléaires ainsi que la conservation de la biodiversité s'avèrent des défis majeurs dans l'expérience chinoise. Mais la problématique la plus intense est sans contredit celle de l'eau, car celle-ci établit un lien dynamique global par l'intermédiaire des grands fleuves chinois. Ces fleuves, sources de vie, rattachent la terre des basses régions de l'Est aux plateaux de l'Ouest qui les abreuvent. 

Une eau saine en relation avec une mécanique environnementale naturelle, c'est vital! Mais à quel prix? Est-ce au prix d'un autre aspect vital: un développement économique fulgurant? Veut-on d'une eau nourricière pour l'agriculture ou d'une décharge pour vidanger le territoire des produits chimiques épandus? Veut-on développer ou arracher son potentiel à l'eau? L'état de l'eau dans le monde suggère plusieurs remises en question; au mois d'octobre de l'an 2000, une branche de l'ONU a déposé un rapport environnemental inquiétant qui stipulait que la totalité des réserves mondiales d'eau douce était polluée... La réflexion à ce sujet semble particulièrement déterminante pour la Chine. L'eau : à quel prix?

Récemment, des études ont déterminé que neuf des dix villes dont l'air est le plus pollué se situent en Chine. Ainsi, le pays n'est pas seulement le premier producteur mondial de charbon avec ses 800 milliards de tonnes de réserve, mais il en est aussi le principal consommateur et émet des polluants tels que le dioxyde de carbone, le dioxyde de soufre et des oxydes d'azote (rejets produisant des pluies acides). Parallèlement, l'industrialisation et la modernisation rapide de la Chine amènent un accroissement fulgurant des besoins en énergie. Autrefois, à l'époque de la Chine maoïste, les besoins énergétiques étaient si aigus qu'on se lançait à l'assaut des forêts pour produire du charbon de bois. La déforestation du territoire favorisait alors l'activité de hauts fourneaux; aujourd'hui, c'est encore une pratique commerciale. Face au développement, les autorités prennent donc la voie d'une production énergétique propre et renouvelable qui remplace la centrale thermique: des centrales hydroélectriques comme le Barrage des Trois Gorges.

La question de l'eau ne vise toutefois pas que la pollution... Que faire à l'autre extrême? Comment remédier au manque d'eau? En fait, d'immenses superficies du territoire chinois sont victimes d'une insoutenable désertification.

Naturellement, certains intervenants ruraux prennent des initiatives locales qui débouchent sur des aspects positifs de l'agriculture. Bien qu'elles soient marginales, des actions se concrétisent dans la population. Toutefois, la politique environnementale chinoise s'impose dans le respect environnemental: les efforts des autorités sont réels et visent la mise en place de toutes les lois écologiques essentielles au bien-être de la nation. Le président chinois, Jiang Zemin, a fréquemment réitéré son appui à la bonne gestion de l'environnement par l'intermédiaire des fonctionnaires de l'État auxquels il a donné ordre de «coordonn[er] la construction économique avec le contrôle des naissances, la protection des ressources nationales et la préservation de l'environnement»1. Depuis 1996, le gouvernement chinois aurait confié 450 milliards de yuans aux projets destinés à l'environnement. Au cours des prochaines années, on prévoit toutefois améliorer ces investissements qui ne représentent qu'à peine 1% du produit intérieur brut.

Pour en savoir plus :


NOTE

1. LONELY PLANET, Lonely Planet, le guide du voyageur indépendant, «Présentation de la Chine: écologie et environnement», URL: http://www.lonelyplanet.fr/mise/chine.htm, consultée le 10 octobre 2000.


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