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CONCOURS CYBERPORT QUÉBEC-ASIE

Mention spéciale

La question :

Identifiez les cérémonies traditionnelles qui marquent les étapes de la vie, de la naissance à la mort, pour les hommes et pour les femmes, pour DEUX des pays suivants : l'Indonésie, le Japon, les Philippines ou le Viêt-nam. Décrivez ces rituels et les valeurs culturelles exprimées par ces cérémonies et comparez les ressemblances et les différences.

La réponse :

Du soleil levant au dragon fantastique : le Japon et le Viêt-nam, deux mondes fabuleux
par Mélanie Boucher-Lavallée
Professeur : Gaétan Houle, Cégep de Sorel-Tracy

Du pays du soleil levant à celui des dragons fantastiques, le Japon et le Viêt-nam possèdent des cérémonies traditionnelles originales. Même si ces deux pays ont côtoyé la culture chinoise à un moment ou à un autre de leur histoire, ils ont évolué de manière différente. Ce travail s'attardera donc aux cérémonies de la naissance, du mariage et de la mort.

La naissance

La naissance est un événement célébré de façon bien différente dans ces deux pays. Au Japon, la naissance est entourée d'une série d'événements tandis qu'au Viêt-nam, elle symbolise l'union de plusieurs âmes, elle prend alors une perspective philosophique. Pour les Japonais, la grossesse est une surprise qui dure dix mois. Selon les traditions nippones, le nouveau-né a un an dès sa naissance. Au troisième mois de la grossesse, la femme enceinte reçoit de sa belle-mère un obi. C'est une ceinture en coton qui a un rôle de protection et de porte-bonheur. Après la première semaine de vie du poupon, on calligraphie son prénom et on l'affiche dans la plus belle pièce de la maison : c'est la cérémonie du meimei. À un mois, le bébé participe à sa première cérémonie, le o-miya-mairi. Vêtu d'un kimono et attaché à sa mère, le poupon est amené dans un sanctuaire shinto pour un rituel purificateur. La cérémonie a pour but de chasser les mauvais esprits et de permettre aux bons kamis de protéger l'enfant grâce à un inu-hariko, c'est-à-dire un petit chien en carton-pâte offert au poupon. Au Viêt-nam, par contre, la naissance est une union de plusieurs sortes d'âmes. Lorsqu'il s'agit d'un homme, les trois âmes hôn se fusionnent avec les sept âmes phatch ou via et lorsqu'il s'agit d'une femme, les trois âmes hôn se fusionnent avec les neuf âmes phatch ou via.

Le mariage

Tant pour les Japonais que pour les Vietnamiens, le mariage, souvent arrangé par la famille, est un événement important. Chez les Shintoïstes du Japon, le mariage a lieu en deux étapes. Dans un premier temps, une cérémonie religieuse se déroule dans un sanctuaire. Lors de cette cérémonie, la femme, vêtue d'un kimono blanc, quitte sa famille pour entrer dans celle de son mari et en devient l'enfant. L'instant ultime est lorsque les époux boivent trois gorgées de sake froid dans trois tasses différentes. La numérologie, science des chiffres, importe beaucoup aux Japonais. Le nombre de tasses, trois, signifie la chance et le nombre de gorgées, neuf, le propice. Dans un deuxième temps, mais le même jour, une réception très dispendieuse, le hirôen, se tient dans un établissement réservé à cette fin près du sanctuaire. Les mariés, la femme étant toujours à gauche de l'homme, sont assis sur une estrade derrière un paravent doré qui symbolise le bonheur et l'opulence. Les invités donnent de l'argent neuf aux mariés, mais le montant ne doit pas se diviser par deux, chiffre symbolisant la séparation. Ils repartent aussi avec des cadeaux de remerciements. Chez les Bouddhistes du Viêt-nam, la cérémonie ne se passe pas de la même manière. Elle débute lorsque des présents sont offerts à la belle-famille de la part d'un garçon pour demander la main d'une fille. Après les fiançailles, lors d'une cérémonie, le garçon offre des fleurs et des fruits à la belle-famille. Le même jour, les fiancés décident de la date et de l'heure du mariage. Le jour qui suit le mariage, les époux vont dans la famille de la fille pour rendre hommages aux ancêtres de celle-ci.

Les funérailles

Au Japon, le jour des funérailles se divise en deux parties : la veillée funèbre ou otsûya, et l'enterrement. Les Japonais vivent selon les rites shintoïstes, mais meurent selon ceux du bouddhisme. Le deuil ne dure qu'un jour comparativement aux Vietnamiens qui le portent durant trois ans. Au Japon, les habits de couleur noire ainsi que l'incinération du défunt sont obligatoires. Les invités donnent à la famille du défunt de l'argent et reçoivent un objet consommable comme des gâteaux et de l'encens purificateur. Au Viêt-nam, où l'on croit en la vie après la mort et où le culte des ancêtres est omniprésent, le décès entraîne la naissance d'un ancêtre. On s'occupe du mort afin qu'il ne soit pas perturbé ou bouleversé. Par exemple, dans le cas d'un homme marié, les pratiques complexes débutent lorsque l'épouse veille à la toilette et à l'habillement de son défunt mari. On le veille la nuit jusqu'au jour de l'inhumation. La cérémonie débute avec le fils aîné du défunt qui, après un salut, informe les ancêtres de l'arrivée de leur fils. Le frère aîné prononce un discours solennel et l'adieu à la maison est fait. L'aînée des petites filles du défunt se poste, avec une photo du défunt, à l'avant d'un chariot fleuri où repose le cercueil. Les deux fils cadets, les parents proches, les amis et les voisins prennent place à l'arrière du cortège funèbre. Sur le chemin, à chaque croisée, on jette des rectangles rouges et blancs pour éloigner les mauvais esprits. Arrivé à destination, les membres présents jettent des poignées de terre dans la fosse où repose le défunt, le saluent par trois fois et lui souhaitent un bon repos. Ensuite, le frère du mort les remercie. Plus tard, on déterrera les restes : cela marque l'enterrement définitif pour les enfouir sous une tombe en pierre que l'on érigera. Le mort ira rejoindre les ancêtres de sa famille et sera honoré tous les ans lors de fêtes traditionnelles.

Le Japon et le Viêt-nam pratiquent des cérémonies qui reflètent les traditions qui leur sont propres. C'est autant dans les pratiques quotidiennes que dans les événements spéciaux que leurs cachets s'illustrent. Cependant, le Japon, symbole du jour qui se lève, et le Viêt-nam, signe d'un dragon fabuleux, ne peuvent se comparer sur la beauté et l'originalité de leurs coutumes, de leurs traditions et de leurs histoires.

Bibliographie

Les kamis

Les kamis sont, dans la tradition japonaise, des dieux du ciel et de la terre ou des esprits qui hantent la nature et qui inspirent la peur. Les kamis sont reconnus comme descendants ancestraux des chefs de clan. Ce sont eux, les kamis, que l'on retrouve en tout lieu et qui font le lien entre les forces de la nature et les hommes mortels ; ils sont, en effet, un état intermédiaire entre ceux-ci. Selon les croyances nippones, ils sont des manifestations des forces de la nature qui englobent toute chose. Ces manifestations sont des signes de respect ou d'effroi. Dans la pratique, les Japonais doivent les honorer pour éviter leur colère. Ils doivent aussi se laver sous une chute d'eau pour enlever leurs impuretés. L'influence des kamis est telle que les affaires commerciales et financières, même aujourd'hui, sont déterminées par leur influence ; ils décident de porter chance ou non à telle ou telle entreprise.

La croyance en ces esprits est un élément fondamental du Shinto, la religion japonaise. Entités surnaturelles, ils possèdent d'immenses pouvoirs surhumains dont la présence est vaste sur le territoire japonais.

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Le Shinto

Religion dominante au Japon, le shintoïsme est littéralement " la Voie des kamis ". Ce culte agraire sans dogme compte des millions de croyants dans la population japonaise. La pratique de cette religion est telle qu'elle est religion d'État. Le Shinto n'exprime pas une philosophie ou une métaphysique. Il propose une dévotion à la nature, au respect de la beauté des sites naturels. Les devoirs du pratiquant shintoïste sont de prier les kamis, de leur faire des offrandes, de ne pas empiéter sur leur domaine et de se mettre fréquemment dans un état de pureté rituelle en se lavant. La pratique de cette religion éloigne les mauvais esprits et favorise le commerce des bons.

Dans cette religion, l'Empereur nippon est un personnage très important. Il est l'autorité suprême en tant que grand prêtre de la nation japonaise. L'Empereur est le descendant de la déesse du Soleil, Amaterasu Omikami, laquelle donna naissance aux îles japonaises.

Le shintoïsme compte environ 8 millions de kamis et est dominé par la reconnaissance. On peut la résumer en quelques mots : l'adoration à la nature, le culte aux héros et la vénération à l'Empereur. Le Shinto prend une place importante dans les cœurs japonais ; il est original par son optimisme et par sa vision de l'homme, naturellement bon.

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Le culte des ancêtres

Les ancêtres sont, pour les Vietnamiens, des esprits qui apportent de bons conseils aux membres de leur famille encore en vie. Ils sont des anges gardiens, de bons génies du foyer qui éloignent les esprits errants. Ils aident leurs descendants si ceux-ci les honorent et les respectent. C'est l'aîné des enfants, qu'il soit masculin ou féminin, qui est chargé d'entretenir l'autel des ancêtres dans la pièce principale de la résidence familiale. Si l'autel vient à être abandonné, les garçons sont menacés de ruine et les filles de se mal marier. Les Vietnamiens placent un miroir sur le toit de leur maison pour éloigner les esprits errants, car lorsque ceux-ci voient leur reflet, ils s'imaginent être chez l'un de leur semblable, alors ils s'éloignent. Pour communiquer avec leurs ancêtres de l'au-delà, les Vietnamiens parfument les lieux de bâtonnets d'encens. Dès qu'un Vietnamien meurt, il commence presque immédiatement à devenir un ancêtre qui ira rejoindre ses propres ancêtres.

Encore aujourd'hui, le culte des ancêtres est omniprésent. En effet, les Vietnamiens assurent toujours une vie longue à leurs prédécesseurs. Ce culte montre le dynamisme des croyances et des représentations de cette coutume.

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Les fêtes traditionnelles

Le calendrier semi-lunaire utilisé par les Vietnamiens est parsemé de fêtes traditionnelles. La plus importante est sûrement la fête du " Têt ", c'est-à-dire le Nouvel an. Cette journée, qui change de saison à tous les 30 ans, est le moment des réunions de famille où les gens se rendent visite et où des vœux de bonheur et de santé sont échangés. À cette occasion, on mange le " banh chung ", un mets traditionnel. Durant cette fête, on offre aux défunts un repas, de l'encens et de faux billets que l'on brûlera en leur honneur sur l'autel des ancêtres dans la maison familiale. La fête des âmes errantes est particulière, car à cette occasion, on lance des oiseaux dans le ciel et des poissons dans les eaux comme symbole de bienfaisance. Cette journée se déroule le 15ème jour de la septième lune. On offre aussi de la nourriture et des cadeaux pour la paix des âmes oubliées. On peut aussi citer d'autres fêtes traditionnelles vietnamiennes comme la fête de " Lê Lai ", qui rend honneur à la solidarité entre individus. Il s'agit d'une fête à caractère héroïque qui a lieu au huitième mois lunaire. La fête du " Thât-Tich ", quant à elle, se déroule le septième jour du septième mois et commémore le souvenir des amours malheureux d'une filandière et d'un bouvier. On l'appelle aussi le sept Obscur ou le double Sept. La fête du " Thanh-Minh ", qui signifie la pure clarté, est la fête des morts. Finalement, la fête du " Vu-Lan " se passe à la pleine lune du septième mois ; c'est un jour de prière pour expier les péchés des parents disparus ainsi que les péchés des âmes errantes. C'est la fête du pardon des trépassés. Bref, les fêtes traditionnelles rythment tout le quotidien des familles vietnamiennes.

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BIBLIOGRAPHIE

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